L’ouverture 2025, vous avez compté. Trois membres de moins que l’an dernier. Pas de brouille, pas de conflit affiché. Un coup de fil reçu mi-août : “Je vais passer mon tour cette saison.” Puis silence. Deux autres n’ont simplement pas renouvelé leur cotisation. Aucun mot d’explication.
C’est le type de départ le plus fréquent et le plus difficile à anticiper : silencieux, sans raison franche donnée. Vous ne saurez jamais exactement pourquoi, et personne ne vous le dira vraiment.
Ce guide ne va pas vous expliquer pourquoi la chasse baisse en France. Vous le savez déjà. Il va vous donner ce que vous pouvez faire concrètement, au niveau de votre société, pour que ça cesse.
Les chiffres derrière ce que vous observez sur le terrain
La France comptait 1,1 million de chasseurs en 2014. En 2022-2023, 963 571 ont validé leur permis, selon l’enquête nationale de la Fédération Nationale des Chasseurs réalisée sur 85 000 questionnaires.1 Perte nette : environ 140 000 pratiquants en dix ans.
20 000 nouveaux permis sont délivrés chaque année, selon l’Office Français de la Biodiversité.2 Mathématiquement, ce flux d’entrée ne compense pas les départs. Et 50 % des candidats au permis en 2022 avaient moins de 25 ans : le renouvellement des profils existe, mais il ne suffit pas à maintenir les effectifs.1 Le problème central n’est pas le recrutement. C’est la rétention.
Dans une société de 35 membres, perdre 3 ou 4 personnes par an, c’est 10 % de l’effectif. Dix ans plus tard, le groupe n’existe plus ou tourne à 15 personnes. Pas assez pour organiser des battues correctes. Les cotisations couvrent moins de charges. Les accords avec les communes voisines deviennent plus difficiles à tenir.
87 % des chasseurs sont engagés bénévolement, en moyenne 27 jours par an.1 Quand ces gens-là partent, c’est autant de journées de travail qui disparaissent avec eux. Le bénévolat ne se remplace pas avec un chèque.
Pourquoi ils ne reviennent pas : les vraies raisons
La première raison d’abandon n’est pas la pression anti-chasse. C’est le coût.
Dans la région Centre, un chasseur évalue le minimum à 1 000 euros par saison : permis, cotisation, assurances, équipement de base, déplacements.3 Le permis national seul dépasse 205 euros en 2025-2026.4 Ajoutez la cotisation fédérale départementale, celle de votre société, le renouvellement du permis chaque année. Pour un retraité avec une pension modeste, l’arbitrage devient difficile dès la deuxième ou troisième année. Et 46 % des chasseurs français sont retraités.1
Les cinq raisons principales qui ressortent de l’enquête FNC et des témoignages de terrain :
- Le coût total : chaque poste pris séparément semble supportable. Additionné sur une saison, le total devient dissuasif pour une partie de l’effectif.
- Le sentiment d’être en marge du groupe : un membre peu actif ou récemment arrivé qui n’est pas intégré dans les cercles de décision finit par se sentir de trop. Il vient, il repart, personne ne lui demande son avis. La troisième saison, il ne renouvelle pas.
- La baisse du gibier, notamment le petit gibier. Un chasseur de perdrix qui ne voit plus de perdrix depuis trois saisons pose inévitablement la question du rapport plaisir-coût.
- La santé et l’âge : facteur structurel que vous ne pouvez pas enrayer. Il explique cependant une partie de l’érosion naturelle. Prévoir le renouvellement en amont, avant que les départs s’accumulent, est votre seule réponse.
- La charge administrative et les nouvelles obligations numériques : l’arrivée de ChassAdapt comme outil de déclaration obligatoire depuis juin 2024 a créé de la résistance. Un sondage Chasse Passion révèle que 37 % des chasseurs connaissent au moins une personne qui ne renouvèlerait pas son permis à cause de cette obligation.5 “S’il faut passer par ces nouvelles techniques, ils sont dépassés et dégoûtés”, témoignent des chasseurs seniors dans la même enquête. Le numérique mal accompagné repousse précisément les membres les plus exposés aux départs.
Idée reçue à corriger : “ils partent à cause des anti-chasse.” La réalité du terrain est différente. Le coût arrive en premier, loin devant la pression militante. Un chasseur qui se sent bien dans son groupe et qui trouve que sa cotisation est justifiée ne part pas à cause d’une pétition sur internet.
Ce que vos membres cherchent vraiment dans votre société
Le contact avec la nature est cité par 67 % des chasseurs comme motivation principale, suivi de la convivialité (61 %) et de la complicité avec le chien (59 %), selon l’enquête FNC 2023.1 Le tableau de chasse n’apparaît pas dans ce trio.
Cette donnée change radicalement la façon dont vous devez penser votre rôle. Un chasseur qui cite la convivialité comme raison principale de chasser ne restera pas parce que le territoire est giboyeux. Il restera parce qu’il se sent bien dans le groupe, que les journées sont agréables, que les repas de fin de battue existent et que personne ne repart sans un mot.
Un chasseur sur trois chasse moins de trois fois par mois selon la FNC.1 Moyenne générale : 8 dimanches et 8,5 samedis en battue par an. Ce ne sont pas tous des désengagés : certains ont des contraintes professionnelles ou familiales. Mais ce sont les plus exposés au décrochage. Moins ils viennent, moins ils connaissent de monde, moins ils ont de raisons de renouveler la saison suivante.
Willy Schraen, président de la Fédération Nationale des Chasseurs, le dit lors de l’AG de mars 2025 à Avignon : “Le premier vecteur de recrutement reste humain, direct et relationnel.”6 Ce qu’il dit sur le recrutement vaut autant pour la fidélisation. Les liens se tissent entre personnes, pas entre un chasseur et un bulletin de cotisation.
Quatre leviers concrets pour retenir vos membres
1. Réduire la friction administrative
La charge qui pèse sur le secrétaire ou le président d’une société de taille moyenne est réelle : convoquer les membres, tenir les listes, collecter les cotisations, gérer les carnets de battue, communiquer avec la fédération. Quand cette charge devient trop lourde, la qualité de l’organisation s’en ressent. Les convocations partent trop tard, les informations manquent, les participants arrivent mal préparés.
Ce n’est pas qu’un problème de confort pour l’organisateur. C’est un problème vécu par les membres. Un chasseur qui reçoit sa convocation la veille avec des informations incomplètes ne se sent pas respecté dans son temps. Il finit par ne pas venir. Et à force de ne pas venir, il finit par ne plus renouveler.
Ce que vous pouvez faire dès la prochaine saison : centraliser la gestion des participants dans un outil unique, envoyer les invitations avec au moins une semaine d’avance, s’assurer que chaque membre reçoit les mêmes informations au même moment. Pas de SMS à la chaîne, pas de liste sur un bout de papier perdu.
2. Accueillir activement les membres peu actifs
Un membre qui vient une fois par mois connaît souvent à peine une poignée de personnes dans la société. Il arrive, prend son poste, repart. Personne n’a pris le temps de lui demander ce qu’il aime chasser, quelles journées il préfère, s’il a des contraintes particulières.
L’intégration ne se fait pas naturellement. Elle se construit. Les sociétés qui fidélisent le mieux ont souvent un système informel de parrainage : un membre actif prend en charge un nouveau ou un peu actif pendant deux ou trois sorties. Même poste, même secteur. Invitation au repas de fin de battue.
La FDC 30 (Gard) a formalisé ce principe avec un programme de parrainage “retour à la chasse” : le parrain et le filleul bénéficient chacun d’une remise de 50 % sur la cotisation fédérale si le filleul n’a pas chassé depuis au moins trois ans.7 L’incitation financière double l’effet : le parrain a une raison concrète de s’investir, le filleul revient avec un filet de sécurité économique.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant : identifier vos cinq membres les moins actifs. Appeler chacun d’eux avant la saison. Pas pour relancer la cotisation. Pour demander ce qui pourrait les faire venir plus souvent.
3. Rendre les journées mémorables
Un tableau de chasse partagé dans les heures qui suivent la battue, une photo de groupe envoyée à tous les participants, un compte-rendu rapide avec les prélèvements et les moments marquants : ces gestes construisent le sentiment d’appartenance à un groupe.
Le chasseur qui n’était pas là ce jour-là reçoit quand même quelque chose. Il voit que des choses se passent. Il a une raison de venir la prochaine fois. Inversement, une journée confuse (postes mal définis, consignes de sécurité floues, aucun bilan partagé) laisse une impression neutre. Les membres les moins ancrés n’ont pas de raison particulière de revenir.
Ce n’est pas compliqué à mettre en place. C’est une question de régularité, pas de moyens.
4. Être transparent sur les finances
La cotisation doit paraître juste. Pas nécessairement basse : juste. Un chasseur qui comprend à quoi sert son argent (location du territoire, frais fédéraux, aménagement des haies, repeuplement éventuel) remet rarement sa cotisation en question. Un chasseur qui reçoit un appel à cotiser sans explication pose la question du rapport qualité-prix au bout de deux ou trois saisons.
Un bilan financier annuel simple, présenté en assemblée générale et envoyé par mail à ceux qui n’ont pas pu venir, suffit dans la plupart des cas. Grandes lignes : recettes, principales dépenses, solde. Quelques chiffres, pas un tableur de comptable. Ce geste de transparence est aussi un signal de respect envers vos membres.
Tableau de bord : ce que vous pouvez mettre en place avant la saison prochaine
| Action | Effort | Impact sur la fidélisation |
|---|---|---|
| Envoyer les convocations 7 jours avant | Faible | Fort : réduit les absences de dernière minute |
| Appeler les 5 membres les moins actifs avant la saison | Moyen | Fort : signale que leur présence compte |
| Partager le tableau de chasse dans les 24h | Faible | Moyen : entretient le lien entre les sorties |
| Présenter un bilan financier en AG | Moyen | Moyen : renforce la confiance dans la gestion |
| Mettre en place un parrainage informel | Moyen | Fort : intègre les nouveaux et les peu actifs |
| Centraliser la gestion des participants | Faible (avec un outil adapté) | Fort : réduit les erreurs et les frustrations |
Comment l’organisation quotidienne fait la différence
Quand une journée de battue est bien organisée, les chasseurs reviennent. C’est aussi simple que ça.
Ce n’est pas une question de territoire ou de tableau. C’est une question d’expérience vécue. Un chasseur qui a attendu deux heures au point de rendez-vous sans information sur les postes, qui n’a pas reçu les consignes clairement, qui s’est retrouvé dans une confusion sur les zones : celui-là ne revient pas. Et il en parle à ses proches, ce qui ne vous aide pas pour le recrutement non plus.
70 000 associations de chasse existent en France, soit en moyenne deux par commune.1 La plupart ne feront jamais de campagne de communication. Leur seul outil pour retenir leurs membres, c’est la qualité de ce qu’elles organisent.
Mes Chasses est conçu pour enlever les frictions qui font que les membres se sentent mal servis : gestion des invitations et confirmations de présence, répartition des postes depuis l’application, tableau de chasse en temps réel, paiements entre membres pour les frais partagés. Pas une couche supplémentaire de complexité : une façon de supprimer les tâches manuelles répétitives qui prennent du temps au président et irritent les participants quand elles sont mal faites.
Un président qui passe moins de temps sur la logistique administrative passe plus de temps à appeler ses membres, à les intégrer, à penser à l’expérience de groupe. C’est là que la fidélisation se joue vraiment.
Le territoire, c’est votre affaire. L’organisation peut devenir simple. Essayez Mes Chasses gratuitement.
Références
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FNC. “Une étude qui bouscule les préjugés.” chasseurdefrance.com, 2023. https://www.chasseurdefrance.com/une-etude-qui-bouscule-les-prejuges/
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OFB. “La chasse, un loisir encadré.” ofb.gouv.fr. https://ofb.gouv.fr/la-chasse-un-loisir-encadre
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So Chasse / Chasse Passion. Témoignage chasseur Centre. “Quel est le prix du permis de chasse 2025 ?” sochasse.fr. https://www.sochasse.fr/devenir-chasseur/permis-de-chasse/quel-est-le-prix-du-permis-de-chasse-2025/
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Commentçamarche. “Prix du permis de chasse 2025/2026.” droit-finances.commentcamarche.com. https://www.droit-finances.commentcamarche.com/faq/15756-permis-de-chasse-prix-2025
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Chasse Passion. “Sondage ChassAdapt : 1 chasseur sur 3 ne prendrait plus son permis suite à l’obligation d’utiliser l’application.” chassepassion.net. https://www.chassepassion.net/actualite-de-la-chasse/chasse-en-france/sondage-chassadapt-1-chasseur-sur-3-ne-prendrait-plus-son-permis-suite-a-lobligation-dutiliser-lapplication/
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FNC / Chasse Nature Occitanie. Discours de Willy Schraen, président de la FNC, AG FNC, Avignon, 20 mars 2025. https://www.chasse-nature-occitanie.fr/ariege/documents/AssemblA-e-GA-nA-rale-FNC-2025.pdf
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FDC 30. “Permis de chasser : tarifs et programme de parrainage.” fdc30.fr. https://www.fdc30.fr/permis-de-chasser-tarifs.php