FNC 2026 : ce que la guerre des spots apprend aux sociétés de chasse
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FNC 2026 : ce que la guerre des spots apprend aux sociétés de chasse

En bref

La FNC lance sa 6e campagne TV. Les spots se retrouvent bannis de Gulli en 24 heures. Ce que cette bataille d'image vous apprend sur votre rôle local.

Le 20 mars 2026, l’association “Futur Asso” publie une vidéo pour dénoncer la présence de spots pro-chasse sur Gulli, chaîne du groupe M6 destinée aux enfants. En moins de 24 heures, les diffusions sont suspendues. La FNC perd un canal de diffusion. Les anti-chasse affichent une victoire.

Et vous, dans votre société de chasse, vous regardez ça de loin.

C’est une erreur d’y voir un événement parisien sans portée locale.

La 6e campagne TV de la FNC : ce qu’elle dit, ce qu’elle ne montre pas

La Fédération Nationale des Chasseurs a lancé le 15 mars 2026 sa 6e campagne TV nationale sous le slogan “Qui va à la chasse… trouve sa place”.1 Trois spots de 20 secondes, chacun ciblant un profil : les jeunes hommes, les femmes, les quadragénaires. La musique ? Une réorchestration du “Le Chasseur” de Michel Delpech. Le dispositif : plus de 1 400 diffusions programmées du 15 mars au 5 avril 2026 sur TF1, CNews, Gulli, câble, satellite, replay et streaming.

Vous n’y verrez aucun fusil. Ce n’est pas par honte. La publicité télévisée pour les armes à feu est formellement interdite en France, au même titre que l’alcool ou le tabac.2 La FNC n’avait pas le choix. Elle a donc choisi de montrer des gens : en forêt, entre amis, entre générations.

L’objectif chiffré est clair. Selon une étude IFOP présentée lors du congrès de Deauville le 19 mars 2026, 7 % des Français se disent prêts à rejoindre les rangs des chasseurs, soit près de 5 millions de personnes potentiellement intéressées.3 La FNC veut aller chercher ce réservoir. La saison 2022-2023 comptait 960 000 validations de permis.1 Stabiliser ce chiffre et le faire progresser : voilà la mission affichée.

Le dispositif digital va au-delà de la TV. Snapchat, TikTok, un partenariat avec des influenceurs sur la série “Ma première fois” : la FNC adopte des formats qu’elle ignorait il y a dix ans.4 57 % des candidats au permis ont aujourd’hui moins de 30 ans, et les femmes représentent près d’un quart des nouveaux inscrits dans plusieurs départements.4 Le renouvellement des effectifs avance. Rester au-dessus de 950 000 validations dans un contexte de pression réglementaire croissante, ce n’est pas rien.

L’affaire Gulli : comment une pétition fait plier un groupe média en 24 heures

Le mécanisme est simple et mérite qu’on l’analyse froidement.

“Futur Asso” ouvre une pétition, génère de la pression médiatique sur les réseaux. Gulli suspend immédiatement les diffusions. Pas de procédure judiciaire, pas de mise en demeure. Un groupe de médias a calculé que le risque d’image dépassait le bénéfice commercial du contrat publicitaire.

C’est la méthode des associations anti-chasse depuis quelques années. Elles ne cherchent pas toujours à gagner devant les tribunaux. Elles cherchent à créer des frictions : pétitions, appels au boycott, signalements en masse. Obtenir un retrait coûte moins cher que contester une campagne sur le fond.

Pour la FNC, la perte est limitée. Gulli est un canal parmi d’autres, les 1 400 diffusions restantes se poursuivent normalement.2 La polémique a même généré une couverture presse que le budget campagne n’aurait pas achetée. Ce n’est pas la première fois : en 2021, une plainte similaire avait déjà été déposée auprès du Jury de Déontologie Publicitaire.

Mais le signal est là. Les opposants à la chasse maîtrisent les outils de la pression médiatique. Ils savent où appuyer et à quelle vitesse.

Ce que le contexte politique change sur le terrain

Les élections municipales de mars 2026 ont redistribué la carte des mairies à majorité écologiste. Pierre Hurmic perd Bordeaux avec 49,05 % des voix face au macroniste Thomas Cazenave à 50,95 %. Bègles, Poitiers, Strasbourg passent à d’autres listes.5

François Kraus, directeur du pôle politique chez Ifop, résume la séquence : “2020 était un hold-up électoral, favorisé par l’abstention et le contexte Covid.”5

Ce recul peut avoir des effets concrets pour les chasseurs : moins d’arrêtés municipaux restreignant la chasse en zone périurbaine, des relations plus simples avec certains conseils municipaux, des demandes d’autorisation qui aboutissent sans obstruction systématique.

Deux nuances s’imposent. Lyon reste acquise aux Verts avec 50,67 % des voix, Grenoble également. Et les prochaines élections peuvent repartir dans l’autre sens. Un résultat municipal ne transforme pas l’opinion publique sur la chasse. Il déplace temporairement des rapports de force locaux.

Ce que tout ça change pour votre société locale

La FNC peut financer des spots TV. Elle peut acheter des placements sur TikTok. Elle peut payer des influenceurs. Vous ne le pouvez pas.

Ce que vous pouvez faire, Willy Schraen l’a lui-même dit au congrès de Deauville : le premier vecteur de recrutement reste humain et relationnel.4 Une majorité de nouveaux chasseurs arrive par recommandation d’un proche, pas via un spot télé. Pas via un algorithme. Via quelqu’un qui leur a dit “viens chasser avec nous, on est sérieux”.

Ça change tout à la façon dont vous devez penser l’organisation de vos sorties.

Une battue bien gérée laisse un souvenir positif. Chaque participant qui repart content est un ambassadeur potentiel. Chaque participant qui a attendu deux heures sans information sur les postes, qui n’a pas reçu les consignes de sécurité clairement, qui s’est retrouvé dans une confusion sur les zones autorisées : celui-là ne revient pas. Et il en parle.

La communication locale de votre société, c’est ça. Pas un logo, pas une page avec des photos de gibier. C’est la qualité de ce que vous faites vivre à chaque sortie.

Trois points concrets sur lesquels vous avez la main directement :

  1. Une invitation claire avec toutes les informations (date, lieu, consignes, liste des participants confirmés) évite les appels de dernière minute et les malentendus. C’est deux heures de gestion de moins pour le secrétaire.
  2. Savoir exactement qui vient permet d’organiser les postes correctement. Pas de sur-effectif, pas de chasseur oublié sur la liste.
  3. Un bilan envoyé à tous les participants dans les 24 heures après la sortie entretient l’appartenance au groupe. Quelqu’un qui ne sait pas ce qui s’est passé après sa sortie se désengagera progressivement.

70 000 associations de chasse existent en France, soit en moyenne deux par commune.1 La plupart ne feront jamais de spot TV. Leur seul outil de communication, c’est la qualité de ce qu’elles organisent.

La bonne réponse à la pression anti-chasse

Les associations anti-chasse ont un avantage structurel : elles sont concentrées, réactives sur les réseaux sociaux et n’ont pas besoin de convaincre tout le monde. Elles ont juste besoin d’amplifier les incidents.

Votre meilleure réponse n’est pas de contre-argumenter sur les mêmes réseaux.

C’est de ne pas leur donner de prise.

Un incident de sécurité dans votre société fait plus de mal à l’image de la chasse dans votre commune que dix campagnes TV n’en feront de bien. À l’inverse, vingt ans de chasses bien organisées, avec des agriculteurs que vous avez aidés, des haies que vous avez entretenues, des voisins que vous avez invités à venir voir comment ça se passe : ça construit une réputation locale qu’aucune pétition ne peut démolir en 24 heures.

La campagne FNC est un outil national, pensé pour toucher des millions d’inconnus. Votre réputation locale se construit différemment, avec des gens que vous connaissez, dans un périmètre de quelques communes.

Organiser vos chasses avec rigueur est votre meilleure vitrine. MesChasses est conçu pour ça : gestion des invitations, confirmation des participants, répartition des postes, suivi du tableau de chasse. Essayez gratuitement.

Références

  1.  La FNC lance sa nouvelle campagne de communication pour favoriser l’adhésion aux valeurs de la chasse, chasseurdefrance.com (officiel FNC)
  2.  Pourquoi ne voit-on pas de fusils dans les spots publicitaires de la Fédération des Chasseurs ?, chassepassion.net
  3.  Qui va à la chasse trouve sa place : la FNC veut recruter et stabiliser ses effectifs, sochasse.fr
  4.  Congrès FNC 2026 : Willy Schraen trace la ligne d’une chasse libre, responsable et populaire, sochasse.fr
  5.  Les Ecologistes ont pris une veste lors des municipales 2026, chassepassion.net

 

Questions fréquentes

Pourquoi la FNC ne montre pas de fusils dans ses publicités TV ?

La loi française interdit la publicité télévisée pour les armes à feu et leurs munitions, au même titre que l'alcool ou le tabac. Ce n'est pas un choix éditorial : diffuser un fusil entraînerait une interdiction immédiate du spot et des sanctions.

Combien de chasseurs y a-t-il en France en 2026 ?

Environ 960 000 chasseurs ont validé leur permis lors de la saison 2022-2023. La FNC estime que 7 % des Français, soit près de 5 millions de personnes, pourraient potentiellement devenir chasseurs selon une étude IFOP présentée en mars 2026.

L'affaire Gulli a-t-elle stoppé la campagne TV de la FNC ?

Non. Seule la diffusion sur Gulli a été suspendue suite à la pression de l'association Futur Asso. La campagne continue sur toutes les autres chaînes avec plus de 1 400 diffusions programmées jusqu'au 5 avril 2026.

Comment une société de chasse locale peut-elle améliorer son image ?

Selon Willy Schraen lui-même, le premier vecteur de recrutement reste la recommandation directe entre chasseurs. Une battue bien organisée, sans confusion sur les participants ni problème de communication, est la meilleure vitrine d'une société sérieuse.

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